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La Maisonnée d’Arthur, un restaurant musée à Saint-Côme, dans Lanaudière

par Benoit Laporte le 22 février 2011

dans Critique restaurants

Je passe fréquemment devant cette coquette petite maison restaurée. Portes d’époque, petit banc de bois, mur en planche de cèdre avec frises sculptées. La maison rayonne sur la rue principale du petit village de St-Côme, au nord de Lanaudière. L’affiche sculptée du restaurant est élégante dans sa discrétion, mais l’horrible enseigne illuminée jaune avec lettres noires amovibles, indiquant les spéciaux ou les jours de fermeture, défigure cette façade historique.

Petit, mignon et pittoresque

Malgré la petitesse de la maison, les propriétaires, Marjolaine Thériault et Guy Beaudry, réussissent à y installer 90 places, sur une vingtaine de tables. Les chambres dans les combles ont été intelligemment aménagées pour y placer plusieurs tables. Mais la salle principale est plus sympathique et aérée.

Nous avons brièvement discuté avec la fille du propriétaire, Karine Beaudry, native de St-Côme, mère affairée de trois enfants, dont le mari officie aux fourneaux. Le restaurant ouvre ses portes que le soir, du jeudi au dimanche; les autres jours sont occupés au service de buffet traiteur, dans les camps et entreprises de la région. Téléphonez avant de vous y rendre puisqu’ils ferment pendant quelques fins de semaine, en saison morte.

Un secret bien gardé

Malgré l’absence de publicité, ce restaurant, ouvert depuis 2006, connaît un succès certain. Ce vendredi soir pluvieux d’octobre, ils étaient étonnés de recevoir plus d’une cinquantaine d’invités, dont une tablée de touristes français. Dans une salle attenante, un groupe d’aînés en or se faisait brasser par un « câleux » de la région. La maîtresse de la maison ne semblait pas vraiment apprécier cette atmosphère « cabane à sucre ». Elle nous soupira qu’elle ne se laissera plus convaincre.

Rénover pour préserver le souvenir

Les propriétaires ont déplacé la porte principale à l’arrière du restaurant, avec accès pour handicapés, le long d’une étrange plateforme de ciment. Sans doute une terrasse projetée. Dès notre arrivée, nous sentons que beaucoup d’efforts ont été investis pour préserver le cachet ancestral de cette demeure. Photos d’époque du village, antiquités et souvenirs de chantiers ornent les murs. D’ailleurs, le nom du commerce provient du nom du propriétaire original, Arthur Bordeleau, issu d’une famille nombreuse de ce coin de pays de bûcherons.

Cette région s’embourgeoise au fil de la venue des boomers retraités. Ce petit village fondé en 1873 dénombre 2 000 habitants, dont la moitié possède chalets ou condominiums de villégiature. Ça fait beaucoup de citadins affamés qui ont désespérément besoin de restaurants de qualité.

Arrivé tard dans la soirée, nous nous sommes retrouvé les derniers clients avec la jeune serveuse, étudiante en kinésithérapie à Trois-Rivières et originaire d’un village voisin. Je lui demandais de dresser un profil type de leur clientèle. Des touristes de passage, villégiateurs, skieurs de Val St-Côme, pêcheurs et chasseurs de la Zec Lavigne ou des pourvoiries environnantes. Mais rarement des résidents du village.

Et le repas dans tout ça?

Au premier abord, on hésite. Napperons de papier sur nappe de polythène, menus en plastique, serviettes de papier. La soirée s’annonce longue. Je commande le filet de doré amandine en m’assurant auprès de l’hôtesse que ce pauvre poisson ne sera pas « deep fry ». Elle me rassure. Une toute petite panure.

Ma partenaire opte pour le suprême de poulet et crevettes. Et les assiettes arrivent. Copieuses. Patates coupées en quartier comme chez les Grecs, l’huile en moins. Et c’est délicieux. L’assiette de ma moitié est garnie de langoustines. Pourtant il n’y avait aucune mention de ce crustacé dans son plat.   Et les crevettes manquent à l’appel. Peu importe, elles sont délicieuses.

Ici, pas de vin dans un sac de papier brun. Mais les prix sont plus qu’abordables. On prend 8 $ de profit sur toutes les bouteilles, celles à 10 $ comme celles à 30 $. Et le choix est convenable.

La tarte au fromage et coulis de fraises nous charme. Parfaite. La tarte aux bleuets et fraises, dessert traditionnel régional, un peu trop sucré, nous achève. C’était finalement exquis. Mais il manque encore cette touche de raffinement que l’on retrouve plus au sud.

La table d’hôte pour deux, incluant soupe, salade, dessert et café, et une bouteille de vin à 20 $, nous a coûté 69 $ avec taxes, mais avant pourboire.

Bien que la soirée n’augurait rien de bien excitant, nous avons été agréablement surpris. On se méfie toujours des restaurants qui ne s’annoncent jamais dans les médias. Ils ont peut-être quelque chose à cacher. Mais comme me disait Karine, pourquoi investir dans la publicité, lorsque le restaurant est toujours plein. J’aurais ajouté « plein de clients satisfaits ».

La Maisonnée d’Arthur
1431, rue principale
Saint-Côme (Québec)
J0K 2B0

Téléphone : 450-883-8028

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La Maisonnée d’Arthur, un restaurant musée à Saint-Côme, dans Lanaudière
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1 morin 5 mars 2011 à 22:53

Nous sommes aussi allés à la Maisonnée régulièrement et demeurons à St-Côme. Nous y rencontrons régulièrement des gens de la place. Beaucoup confondent leurs crevettes géantes à des langoustines mais sur la photo il s`agit bien de crevettes géantes.

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