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Les îles volcaniques Panarea et Stromboli, les paradis perdus

par Benoit Laporte le 11 juillet 2014

dans Voyage



Lorsque j’aperçus le dépliant sur le comptoir de l’hôtel annonçant un voyage de rêve « au volcan le plus actif d’Europe », j’ai succombé. On nous offrait en prime un arrêt à l’île de Panarea, le paradis des « boomers riches à craquer » qui désirent jouer à « Robinson Crusoë ». L’île de Stromboli est située au nord de la Sicile et de la Calabre, et fait par partie des 17 îles Éoliennes (dont seulement 7 sont habitées). Un voyage de plus de 400 km aller-retour entre Cefalu et Stromboli. Il est aussi possible de partir en excursion à partir de plusieurs autres ports au nord de la Sicile ou ailleurs en Italie.

Petit bateau, grande distance

MistralQuatre-vingt euros plus tard (120 $ CAN par personne), me voilà assis dans un bateau relativement exigu avec 250 autres personnes. Nous voguons sur Le Mistral, un bateau de 100 pieds (31,5 m) roulant 30 nœuds (56 km/h), propriété de VST (Visit Sicily Tour). Ce grand yacht possède un petit pont supérieur où il est possible d’asseoir environ 50 personnes à l’intérieur et une vingtaine à l’extérieur, à l’arrière. Les passagers peuvent circuler sur le pont, mais en même temps bloquent la vue des passagers intérieurs.

Le pont inférieur peut accommoder à l’intérieur environ 125 passagers. Mais les fumeurs qui se réfugient à l’extérieur debout à l’arrière font pénétrer la fumée de leur cigarette italienne dans l’habitacle du pont inférieur. Un comportement impensable selon les critères nord-américains.

Un autobus nous recueille pas très loin de l’hôtel pour un départ du port de Cefalu à 10 h. Les guides débitent leurs textes dans les haut-parleurs trop forts et de mauvaise qualité simultanément dans quatre langues (italien, français, anglais et allemands). Les groupes français de tours organisés habitués aux meilleurs sièges se disputent les places intérieures près des fenêtres. La traversée à l’aller se déroule confortablement sur une mer calme et un soleil de plomb. Les clients sont heureux.

Panarea, la cossue

Port -Ile de PanareaNous arrivons à l’île de Panarea vers 12 h 30, en ayant préalablement longé trois autres îles habitées à proximité, soit Salina (la verdoyante), Lipari (la populeuse) et Vulcano (la fumante). On croise aussi l’île de Basiluzzo, une grande île inhabitée parce qu’inaccessible à cause de ses parois escarpées. Arrêt de trois heures pour visiter ce petit bout de volcan éteint où s’empilent quelques centaines de retraités aisés, entourés de B & B, restaurants et boutiques. Si vous désirez vous baigner ou visiter le site archéologique, une balade dans des sentiers mal indiqués vous prendra quelques heures sinon vous devrez vous rabattre sur les taxis « voiturettes de golf » à 32 € (48 $) aller-retour. Une baignade assez coûteuse.

Si vous optez pour la marche, les nombreuses motos ne ralentissent même pas en vous voyant, comme si vous n’existiez pas. Il faudrait leur rappeler que ce sont les touristes qui créent les emplois dans cette île perdue. Les toilettes sont inexistantes pour ceux qui ne consomment pas de repas ou d’hôtel. Résultat : une odeur d’urine envahit le sentier à chaque tournant. Départ à 15 h 45 pour l’île voisine de Stromboli.

Stromboli, la bouillonnante

L’arrivée au port de l’île se fait vers 17 h. Nous avons trois heures à investir dans une île bordée de quelques rues typiques. Au sommet de l’île, on aperçoit des nuages épais qui s’accrochent, comme si un orage est en préparation. Pourtant le ciel est plein bleu.

Stromboli voiliers - 640x330

Assis sur la plage de cailloux noirs et de sable d’ébène, on admire de nombreux voiliers de 10 mètres qui baignent à quelques mètres de la rive. De par sa pente, l’île de Stromboli offre peu de points d’ancrage.

Je m’attable à un restaurant pour voir des dizaines de grands bateaux déverser un flot incessant de touristes dans ce petit bled qui regroupe une cinquantaine de personnes en basse saison. Le gérant du restaurant nous confirme que l’été ils reçoivent plus de 2 000 visiteurs par jour, qui n’y passent que quelques heures.

L’île de Stromboli a déjà compté plus de 4 000 personnes, qui œuvraient aux vignes et à produire le vin. Mais le 11 septembre (!) 1930, suite à une violente explosion de la montagne, plusieurs habitations et une grande partie des vignes ont été détruites. Les habitants quittèrent l’île, poussés par le manque de travail et la peur d’une autre colère du volcan. Malgré plusieurs autres éruptions importantes au cours de la dernière décennie (2002-2003), il est encore possible de grimper jusqu’au sommet, accompagné d’un guide. Un jour j’y reviendrai, en passant quelques nuits afin de monter le volcan.

Eruption Stromboli 640x332

Un retour mouvementé

Strombolicchio 334x448Départ du port de Stromboli vers 20 h 15. Nous longeons la petite île de Strombolicchio (le petit Stromboli), un ancien petit volcan surmonté d’un phare fort pittoresque, qui ressemble à l’île noire de Tintin. Le clou du voyage nous attend. En naviguant au nord de l’île en début de nuit, nous apercevons des explosions au sommet, avec de légères coulées de lave. Les explosions sont fréquentes, presqu’une par minute.

Il est par contre difficile de les apercevoir puisque le pont est rempli de passagers qui n’en ont que pour leur caméra. Le bateau se tourne pour permettre aux autres passagers à l’intérieur d’apercevoir le volcan, mais tout le groupe sur le pont se déplace de l’autre côté, bloquant à nouveau la vue des pauvres passagers du pont supérieur. Nous frappons gentiment sur les vitres pour les aviser de l’impossibilité de voir le spectacle, mais la majorité des badauds font la sourde d’oreille. Une triste comédie.

Le vent de la Méditerranée était relativement puissant en soirée et les vagues importantes. Le retour de plus de trois heures sera agité par une mer houleuse. Plusieurs passagers souffrant du mal de mer en seront quittes pour le sac de plastique. Nous sommes arrivés vers minuit au port, avec les autobus qui nous attendaient.

plage Stromboli - 336x407Ma recommandation

Avant de réserver, informez-vous de la grosseur du bateau que vous emprunterez, de la qualité des guides et du service à bord. Il existe de plus grands bateaux qui offrent un meilleur service, plus confortable et plus professionnel, dépendant de votre port d’attache. Prenez le temps de lire les critiques sur Trip Advisor.

J’ai eu l’impression d’avoir transigé avec une compagnie un peu bric-à-brac, peu concerné par la satisfaction de leur clientèle. Par contre, la visite de ces deux îles en vaut vraiment la peine, malgré les 14 heures en mer et les 15 minutes devant le volcan.

Étant donné la grande distance, planifiez quelques nuits sur une de ces îles, quitte à réserver un guide là-bas qui vous fera une visite personnalisée des lieux dans son propre bateau et jusqu’au sommet. De cette façon, vous éviterez d’avoir la vue bloquée par les photographes amateurs, en vous éloignant de la foule ;-).

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