Restaurant Cambodiana, où la banlieue goûte le Cambodge, la Thaïlande et le Vietnam

Je ne suis pas un adepte de la cuisine asiatique. Mon père, fanatique du quartier chinois de Montréal, organisait tous les dimanches soirs une expédition familiale à son restaurant préféré de ce coin de ville, que je trouvais fort étrange. 

Je suis resté traumatisé par les buffets de « spare ribs » noircis, soupes aux oreilles, nouilles chinoises et sachets translucides de sauce soya. Et les serveurs asiatiques trop souriants.

Mais ma famille m’a traîné de force à ce tout petit restaurant de Repentigny, pris en étau entre une station-service, un nettoyeur et des marchés d’alimentation.

L’aménagement et la décoration laissent à désirer, avec un style « restaurant des années 60 ». Plantes en plastique, napperons de papier, mais dessus de table en marbre. Mais le mouvement « kitsch » adore ce type de restaurant.

La porte du cabinet d’aisances donne directement sur la salle à manger. On aperçoit même les gens attendre que la petite salle de toilette se libère.

J’oubliais. On peut y apporter son vin. Ce qui peut aider à conserver le prix du repas à un niveau acceptable pour plusieurs.

L’Asie, dans les faubourgs

À première vue, ce restaurant ne paie pas de mine. 

Tables pressées les unes sur les autres, cordées en trois rangées, comme à la cafétéria. Au centre, un panneau de treillis de bois et un autre de verre séparent le restaurant, afin d’offrir un peu d’intimités.

Mais peine perdue, on se sent cordés.

En ce petit mardi soir d’été, la place est bondée principalement de jeunes familles et de retraités heureux. Notre serveuse, menue et attentionnée, avait oublié son sourire à la maison ou dans la cuisine à l’arrière-boutique. Elle me semblait être la gérante, ou du moins une des membres de la famille propriétaire.

Après avoir ouvert notre bouteille, elle nous recommanda quelques plats comme le nid d’aigle, le poulet aux arachides et le poulet vietnamien.

Ma compagne a choisi le classique « Poulet général Tao » et mon fils, les crevettes Malacca. Pour ma part, j’osai le nid d’aigle, avec un peu de nervosité…

L’entrée en matière

Pour amorcer notre repas, nous avons opté pour les rouleaux impériaux. La pâte frite me semblait un peu raide, mais les légumes à l’intérieur étaient parfaits. Nous aurions pu choisir la fameuse soupe Bangkok épicée, ou une des trois soupes originaires d’un des trois pays commanditaires. Mais la soupe, ce n’est pas ma passion.

Mon nid royal

Suite à la recommandation de notre hôtesse, j’ai opté pour le nid royal aux crevettes (on peut aussi le choisir au poulet). La présentation est attrayante et les crevettes géantes, cuites juste à point. Mais les légumes étaient mous et trop sucrés. Les nouilles baignaient dans le bouillon trop abondant. Plat plus que moyen.

Pour être honnête, le poulet vietnamien de ma fille comportait trop de panure. Malgré une sauce aigre-douce délicieuse, ce plat était sans personnalité. Pour le poulet général Tao, la viande panée était trop cuite et raide tandis que la sauce était beaucoup trop sucrée.

Mon fils a bien aimé ses crevettes Malacca. Le comptoir de commande à emporter était fort achalandé. Les gens défilaient pour prendre livraison de leur repas, commandé préalablement par téléphone.

Une chaîne pour banlieusard

Présent dans la couronne nord et sud de Montréal, cette chaîne offre des succursales à Trois-Rivières, Cap-de-la-Madeleine, Joliette, Saint-Jérôme, Lachenaie, Laval, Saint-Jean-sur-Richelieu et Repentigny. Étrangement, il n’y a aucun Cambodiana sur l’île de Montréal. Ces gens ont bien ciblé leur clientèle.

Pour cinq personnes, notre repas a coûté 82,60 $, avant pourboire (excluant le vin). Un prix raisonnable pour une bouffe exotique, offrant une cuisine qui saura plaire aux communs des mortels. Mais j’imagine que je devrai y retourner afin d’y soigner mon traumatisme de jeunesse 😉

5/5 (1 Review)




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