La ville médiévale de Tallinn en Estonie, libre et festive

Je connaissais un peu l’histoire des pays baltes. Trois petits pays, l’Estonie, la Lettonie, et la Lituanie. Moins de sept millions d’habitants, deux langues différentes, plusieurs ports qui servaient de comptoirs d’échanges pour les nombreux pays baignant dans la mer Baltique, comme la Finlande, la Suède, Norvège, Danemark, Allemagne et Russie.

Ces petits pays baltes, pris en étau entre de grandes puissances impérialistes (Russie, Pologne, Allemagne et Biélorussie) qui au fil des siècles les ont envahis à qui mieux mieux. Vivant depuis 1941 sous la botte soviétique, ces pays se sont libérés de l’envahisseur en 1991, suite au démembrement de l’URSS.

L’Estonie, la presque scandinave

L’Estonie est le pays le plus petit et le plus nordique des trois pays baltes, à quelques centaines de kilomètres de ses voisins suédois et finlandais.

L’estonien est une langue fennique, comme celle parlée en Finlande, alors que le letton et le lithuanien, parlés plus au sud sont d’origine indo-européenne comme les langues grecques, latines, slaves, ou germaniques.

Libéré du communisme

Après son indépendance de l’URSS en 1991, comme les autres pays baltes, l’Estonie a rejoint l’OTAN en 2004 et l’Union européenne en 2004 et a adopté l’euro comme monnaie, en 2011.

À Tallinn, la capitale, il existe quand même une minorité russe importante, soit 38 % de la population, implantée par Joseph Staline après la guerre pour rendre ces pays satellites plus russophiles. Ces Russes sont restés avec un goût amer de la disparition de l’URSS, et de son contrôle sur ce pays.

Une société qui bouillonne

On le sent partout, ce petit pays s’est recentré vers l’Europe en général et les pays nordiques en particulier. Ils ont sauté sur le train des nouvelles technologies en créant la révolution du peer-to-peer de KaZaa ou encore le système d’appel téléphonique web SKYPE, qui a finalement été vendu à Microsoft en 2011 pour la modique somme de 8,5 milliards de dollars.

Moyen-âge touristique?

La ville de Tallinn est un port important de la mer baltique, de tout près d’un demi-million d’habitants, situé en traversier à moins de 90 km d’Helsinki en Finlande.

Malgré les guerres, les invasions des pays voisins et les changements de régime, elle a su préserver sa vieille ville médiévale. Bien que 10 % de ce patrimoine mondial de l’UNESCO ait été détruit pendant les bombardements de la Deuxième Guerre mondiale, les dommages se sont cicatrisés au fil des restaurations.

J’avais quelques réserves sur cette vieille ville que j’imaginais en carton-pâte sur les photos promotionnelles. Mais ce n’est pas le cas. Ils ont su conservé le cachet moyenâgeux original du 12e siècle, sans la transformer en petit Disneyland pour touriste.

Capitaliste, mais pas trop

Cette ville festive respire la joie de vivre. Elle est ceinturée de petites boutiques sympathiques et de bazars d’antiquités et de vieilleries. La plupart de ces antiquaires sont russes et ils essayeront de vous vendre des souvenirs nazis ou des artefacts bolcheviques, qui sont souvent des faux.

La vigilance est de rigueur, à moins que vous soyez féru en la matière. Mais il est toujours fascinant de tenir une pièce d’histoire dans ses mains, héritées de la Guestapo, du KGB ou de soldats nazis. Même si ce sont des copies.

La vieille ville moderne

Les marchands de cette ville ont vu l’opportunité mercantile de faire de bonnes affaires avec la masse grandissante de touristes. Du restaurant ludique médiéval Olde Hansa, où vous mangez sans ustensile, dans la presque obscurité, des mets de gibier, jusqu’aux étales extérieurs où les vendeuses s’habillent à l’ancienne, tous est bien ficelé. De toute façon, cette communauté de marchands transige déjà depuis des dizaines de siècles avec les pays environnants.

Au lunch, nous avons risqué avec bonheur un restaurant russe typique Troïka, et le soir, un restaurant géorgien de qualité, le Must Lammas, caché dans une petite ruelle typique.

À surveiller

Partout, vous pouvez vous débrouiller en anglais, souvent en retour d’un sourire sympathique.

Même si l’euro est la monnaie du pays depuis quelques années, les cartes de crédit sont acceptées partout, et même encouragées. Les prix des biens et des souvenirs sont très abordables.

En dehors des grands magasins, le marchandage est bien accepté. Avec un sourire, tentez de lui offrir un prix réduit de 10 % à 20 %, et vous serez surpris de la réaction positive du marchand.

Les objets de luxe comme les nappes en dentelles, les articles de cuir, les souliers et les sacs à main sont particulièrement bon marché.

Cette ville hospitalière a su capitaliser du passé, pour se bâtir un avenir, en tournant ses yeux vers l’occident.





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